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Le groupe de travail sur la régénération urbaine
dans l'Europe du nord-ouest

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 UN GROUPE DE TRAVAIL EUROPÉEN 
Le groupe est composé de six des plus importantes collectivités locales de l'Europe du Nord-Ouest : Lille Métropole, les villes de Valenciennes, Manchester, Birmingham, Rotterdam et Bruxelles Région Capitale. Le projet est coordonné et géré financièrement par l'Agence de développement et d'urbanisme de Lille Métropole sous la responsabilité politique de Lille Métropole Communauté Urbaine ; il est financé par le FEDER - via le programme Interreg IIc - mais aussi par le gouvernement français (FNADT) et la Caisse des Dépôts et Consignations (programme renouvellement urbain). Le groupe est assisté d'un comité scientifique composé de spécialistes, universitaires pour la plupart, qui aident à la mise en perspective des principaux enjeux et qui apportent leur connaissance des expériences d'autres villes ou régions.


L'objectif général est, selon le jargon européen, d'échanger sur les " bonnes pratiques " de régénération urbaine. L'originalité du groupe, par rapport à la plupart des initiatives existantes, est de privilégier les échanges opérationnels d'expériences "de terrain", et ce dans la durée. Le groupe de travail s'est donné pour objectifs de :
- Diffuser des résultats pratiques
, qui puissent contribuer à l'évolution des pratiques locales, même s'il est clair que la plupart des expériences ne sont pas directement transférables.
- Faire des recommandations : le groupe s'attache à dégager des spécificités communes aux villes européennes et à rédiger des recommandations pour faire aux Etats et à l'Union Européenne des propositions de nature à renforcer l'efficacité des politiques de régénération urbaine qu'ils mettent en œuvre.
- Constituer l'amorce d'un réseau de villes de l'Europe du Nord-Ouest engagées dans la mise en œuvre de politiques de renouvellement urbain ; le but étant de faire mieux prendre en compte les villes dans les stratégies de développement et d'aménagement du territoire européen en cours de définition entre Etats.


 DEUX ANNÉES D'ÉCHANGES 
Bien que l'ensemble des partenaires s'accorde sur le caractère nécessairement transversal (" intégré ") et " global " (" holistique ") des politiques de régénération urbaine, la méthode mise en œuvre a privilégié, pour des raisons d'efficacité, l'organisation de réunions successives combinant les approches thématique et locale. Pendant deux ans, les débats ont porté sur huit problématiques urbaines choisies en commun parmi les plus cruciales ; chacune a fait l'objet d'un séminaire organisé dans l'une des villes partenaires (ou chez l'un des partenaires financiers). Ceci a permis de découvrir " in vivo " les problèmes que connaissent les différentes villes du groupe et les initiatives les plus originales qui y ont été prises.

Il s'agissait dans un premier temps d'identifier les actions mises en oeuvre de façon concrète dans chacun des " champs thématiques " concernés. Mais il s'agissait aussi de mieux apprécier la réalité du besoin de transversalité, par l'évaluation de l'efficacité des mesures sectorielles en regard de l'ampleur des enjeux. La première année, les séminaires ont par conséquent porté sur des thématiques "verticales" :
 le développement économique à Manchester,
 la cohésion sociale à Rotterdam,
 l'habitat et la cadre de vie à Valenciennes,
 la culture à Lille Métropole.
A l'issue de cette première phase, un premier séminaire de synthèse a permis de faire le point des acquis d'une années d'échanges et de passer, forts de l'expérience acquise, à des thématiques plus transversales, ou plus "horizontales" :
 les modes de faire et notamment le partenariat entre les secteurs public et privé, à Paris (1ère partie)
 les modes de faire et notamment le partenariat entre les secteurs public et privé, à Paris (2ème partie)

 les échelles géographiques et institutionnelles d'intervention à Bruxelles, (1ère partie)
 les échelles géographiques et institutionnelles d'intervention à Bruxelles, (2ème partie)
 la participation des habitants et l'"empowerment" à Birmingham.(1ère partie)
 la participation des habitants et l'"empowerment" à Birmingham.(2ème partie)
 le rôle de la régénération urbaine dans un développement urbain polycentrique et équilibré à Londres.

 LA RÉGÉNERATION URBAINE : UNE NÉCESSITÉ COMMUNE 

Les séminaires ont été l'occasion pour les différents partenaires , et pour les experts associés, d'échanger de façon approfondie sur la situation de leur ville, leurs pratiques et leur conception du renouvellement urbain. Chacun a pu ainsi découvrir des réalités urbaines à la fois très différentes dans leur contexte et très semblables pour ce qui est des enjeux et des problèmes.
Au-delà de ces multiples différences : langage, culture, contexte local (histoire, situation géographique, structure de l'économie), cadre institutionnel (place et rôle des collectivités locales), " culture politique " ( ressources locales et rôle respectif des secteurs public et privé notamment), il est vite apparu que les 6 villes du groupe se trouvaient confrontées à des défis communs.
Toutes ont été confrontées à une désindustrialisation massive, se traduisant en une diminution considérable du nombre d'emplois dans les secteurs économiques traditionnels et à l'apparition d'un chômage de masse avec toutes ses conséquences sociales. Les six villes ont connu une évolution sensible des choix résidentiels et de la mobilité, qui, combinée avec la paupérisation d'un nombre croissant des habitants, ont conduit à des processus de plus en plus évidents de ségrégation spatiale. La perte d'attractivité de certains quartiers y a limité les investissements et par conséquent, accéléré leur dégradation, les faisant entrer dans une spirale négative dont les conséquences se sont souvent étendues à l'ensemble de la ville.
Face à cette situation, les six villes ont été amenées à concevoir et à mettre en œuvre des stratégies ambitieuses de renouvellement urbain, qui s'appuient sur les " politiques de la ville ", définies par les Etats mais qui les dépassent ; elles ont toutes bénéficié dans ce cadre de l'aide de l'Union européenne, via notamment le programme URBAN.

 UNE VISION PARTAGÉE DE LA RÉGENÉRATION URBAINE 
Au sein du groupe de travail, ce constat de la convergence de problèmes et d'initiatives a largement contribué à l'émergence d'une culture partagée du renouvellement urbain en général. Il est sans doute plus significatif encore, qu'en dépit de réelles différences culturelles entre les participants, les conclusions aient pu être tirées de façon commune - et sans vraie difficulté.- sur la plupart des diverses thématiques abordées.

L'ensemble des participants s'accorde sur une vision du renouvellement urbain en Europe ayant comme double but de re-dynamiser les économies locales et d'améliorer la qualité de vie en ville ; ils soulignent la nécessité de mener une action visant à la fois à réévaluer l'image globale de la ville et à en réduire les inégalités internes. La conception de la régénération urbaine ainsi développée s'avère beaucoup plus globale et ambitieuse que les seules politiques de " développement social " des quartiers ; elle mobilise l'ensemble du champ du développement urbain, toutes politiques confondues.
Les membres du groupe insistent en effet sur la nécessité de politiques plus " intégrées " de renouvellement urbain suivant trois dimensions :
- les disciplines impliquées (économie, social, culture, aménagement physique, écologie,…) ;
- les échelles géographiques et institutionnelles de la définition et de la mise en œuvre ;
- les différentes échelles de temps (celle de l'habitant, celle de l'investisseur, du politique, etc…) .
Ils s'accordent à considérer que, pour plus d'efficacité dans le renouvellement urbain, il faut qu'une logique de projet prévale sur la simple logique de guichet. Et que les projets soient définis, dirigés et mis en oeuvre dans une logique " remontante ", sous la responsabilité des élus locaux, mais avec - et si possible par - les habitants les plus directement concernés. Il ne faut pour autant pas négliger le rôle de l'investissement privé, dont l'apport est indispensable, ne serait-ce que parce qu'il signifie que les logiques communes de production de l'urbain peuvent être remises en marche dans des zones jusqu'alors délaissées par le marché.
Il est en outre primordial que soit clairement (ré)affirmé le lien entre renouvellement urbain et aménagement du territoire : le renouvellement urbain ne peut, sauf exception, être considéré comme le seul rééquilibre du développement interne aux agglomérations. Il s'agit aussi de parvenir à rééquilibrer le développement entre les villes : toutes ne possèdent pas en leur sein les atouts nécessaires, et rares sont celles qui disposent à elles seules des ressources indispensables.
La régénération urbaine est par ailleurs un phénomène d'une grande complexité, et nombre d'obstacles doivent être levés si l'on veut rendre réellement effectifs les dispositifs mis en place. Parmi ces obstacles figure la multiplicité des acteurs comme d'ailleurs celles des financeurs et la diversité des sources de financement. Il faut aussi intégrer le fait qu'il s'agit de travailler sur un " matériau vivant ", dont les évolutions endogènes doivent pouvoir être mesurées, si l'on veut pouvoir les infléchir avec succès. Il s'agit d'ailleurs de travailler en intégrant les contraintes liées à l'existant, que cela soit en terme de patrimoine bâti, de relations sociales ou d'acquis culturel, et assumer les conséquences de l'ensemble des décisions prises dans le passé.


 UNE DÉMARCHE A CAPITALISER ET A POURSUIVRE 
En dépit de deux ans de travaux, les membres du groupe ont le sentiment de n'avoir parcouru qu'une part du chemin qu'ils s'étaient proposés de mener ensemble. Malgré l'importance des informations réunies et confrontées entre elles, et bien qu'ils évaluent mieux les points communs et les différences dans leurs pratiques, ils sont bien loin d'avoir une connaissance fine des processus en œuvre chez leurs différents voisins. Les membres du groupe de travail s'accordent néanmoins à considérer que, pour plus d'efficacité dans le renouvellement urbain, il faut que soient réunies un certain nombre de conditions et que nombre d'aspects du développement urbain méritent d'être traités de façon plus approfondie. Ils ont également acquis une réelle expérience des échanges dans des contextes culturels et linguistiques différents des leurs et en tirent des leçons sur les méthodes à mettre en œuvre pour la réussite de tels processus d'échange.
L'ensemble des conclusions et des recommandations du groupe de travail sur la régénération urbaine ont été présentées le 15 mars 2002 : - Conclusions et recommandations - Rapport final - Conclusions et recommandations - Rapport final : annexes De tels processus d'échange méritent d'être poursuivis, comme le démontre le vif intérêt pour le travail du groupe, manifesté par les villes du réseau Eurocities comme par les représentants des Etats et de la Commission européenne.