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Lille Métropole
a Métropole Lilloise a pour première caractéristique sa situation transfrontalière, unique en Europe Occidentale pour une agglomération de cette taille. Ce caractère s'exprime d'abord en référence à la frontière nationale entre la France et la Belgique. Cependant celle-ci se double d'une frontière linguistique entre les zones francophones : versant français et une partie du versant belge et la zone néerlandophone qui constitue l'autre part du versant belge.
Cet état de fait trouve sa contrepartie institutionnelle dans l'existence de trois régions : le Nord - Pas-de-Calais côté français dont la ville de Lille est la capitale et, côté belge, la Flandre, néerlandophone, et la Wallonie, francophone.
Le tracé de la frontière nationale résulte pour l'essentiel de l'arrêt mis en 1713 à la conquête de la région par les armées du roi de France. Elle ne correspond donc pas à une limite géographique nette si ce n'est, au Nord-ouest, le tracé de la Lys, rivière calme et de faible largeur constituant depuis le Moyen-Age un important axe de circulation plus qu'une limite physique. La frontière divise ainsi en deux communes jumelles de par et d'autre de la rivière, les anciennnes villes nées le long de son cours.
Fait plus remarquable, sur une part notable de cette frontière et notamment entre Tourcoing ou Wattrelos (France) et Mouscron (Belgique) mais aussi entre Armentières (F) et Ploegsteert (B) ou entre Halluin (F) et Menin (B), le tissu urbain ne présente ni discontinuité, ni même perte de densité.

NÉE DU DÉVELOPPEMENT DE PLUSIEURS NOYAUX URBAINS

La métropole lilloise s'est constituée progressivement au cours des XIX et du XX siècles autour de plusieurs centres urbains en France et en Belgique.
La ville principale, Lille, ancienne capitale de la Flandre française, place militaire (la citadelle Vauban) et chef-lieu administratif du département du Nord depuis 1803, s'est développée considérablement au XIX siècle grâce à l'essor de l'industrie du lin et du coton.
Enserrée dans des limites administratives étroites, elle ne compte que 172 000 habitants.
Le développement de Roubaix et de Tourcoing a été plus tardif, mais surtout plus brutal.
En quelques dizaines d'années, à la fin du 19ième, ces deux gros villages se sont transformés en villes industrielles spécialisées dans le traitement de la laine. La ville belge de Mouscron connaissait à la même époque une expansion similaire qui la relie sans discontinuité à Tourcoing.

ujourd'hui, Roubaix et Tourcoing comptent un peu moins de 100 000 habitants. Mouscron, enclave wallonne (province du Hainaut) dans la province belge de Flandre Occidentale, regroupe 54 000 habitants.
Depuis le début du siècle, les tissus urbains de ces villes et des villages voisins se sont rejoints et confondus pour former la partie dense de la métropole, structurée par une véritable épine dorsale : le Grand Boulevard qui relie les centres-villes de Lille, Roubaix et Tourcoing. La tache urbaine dense s'est fortement épaissie à partir des années 50, se structurant notamment dans sa partie est par la création en 1967 d'une ville nouvelle, Villeneuve d'Ascq (65 000 habitants) où ont été concentrés une grande part des établissements universitaires.
Au nord-ouest de cet ensemble, de chaque côté de la frontière, sur la Lys, s'est développé un chapelet urbain de villes jumelles tendu entre deux pôles actifs, anciennes villes drapantes ayant connu elles-aussi une forte croissance depuis le début du XIX siècle : Armentières (25 000 habitants) et surtout Courtrai (Kortrijk) qui, avec 76000 habitants, constitue l'une des communes les plus peuplées de l'agglomération.
Celle-ci est aujourd'hui sans conteste le centre très animé et dynamique de la partie néerlandophone de la métropole. Un chapelet de villes s'est développé depuis les années 20 en aval de la Lys, le long de la voie ferrée et plus récemment de l'autoroute menant à Gand (Gent).
Ces communes, d'Harelbeke à Waregem, ont gardé un caractère partiellement rural en dépit d'une importante activité industrielle. Plus au nord, la ville d'Ypres (Ieper), au coeur d'une région agricole très active, ne sortait qu'avec le XX siècle de l'engourdissemnt séculaire qui l'avait saisie à la fin du moyen âge.

ntièrement détruite pendant la première guerre mondiale, elle a connu une reconstruction fidèle de ses célébres monuments. A l'est, coté wallon, la très vieille ville de Tournai, ancienne capitale franque et principale ville de la région à l'époque médiévale, connaissait depuis le XVIII siècle une croissance beaucoup plus lente qui préservait - en dépit du bombardement de 1940 - l'essentiel de son prestigieux patrimoine.
Elle compte aujourd'hui 68 000 habitants grâce à la fusion de 30 anciennes communes la plupart rurales. Une zone rurale partiellement résidentielle la sépare du coeur de l'agglomération.
Au sud de l'agglomération par contre, les anciens villages-rues se sont étoffés et ramifiés, constituant une véritable constellation urbaine entre le coeur de la métropole et le bassin minier tout proche.
AU COEUR DE L'EUROPE DU NORD-OUEST

Important carrefour autoroutier, la métropole lilloise est directement reliée aux principaux centres économiques du Nord. de l'Europe. Proche de Bruxelles (100 km), elle est équidistante de Londres, de Paris et du Randstad Holland (environ 250 km) et à peine plus éloignée des centres économiques du land de Rhénanie-Westphalie (350 km environ).
Si l'on trace d'ailleurs un cercle d'un rayon de 350 km autour de la Métropole, on constitue un ensemble européen de 100 millions d'habitants couvrant six pays dont tous les points sont accessibles en moins d'une demi-journée de transport, tous modes confondus.
La nouvelle économie des transports a, ces dernières années, notablement renforcé cet atout géographique. Les prochaines années verront cet avantage croître encore. La mise en service du TGV, avec Paris a certes renforcé les liens traditionnellement orientés au sud et rapproché Lille de la capitale française, mais elle l'a aussi mise en relation directe avec le Sud-Est de la France. Cependant l'ouverture du tunnel sous la Manche, la prochaine liaison TGV avec Bruxelles d'une part et Londres d'autre part ainsi que la liaison fluviale à grand gabarit avec les ports belges et néerlandais, ont considérablement élargi le champ d'action de l'agglomération vers le Nord-Ouest et le Nord-Est.

UNE STRUCTURE INSTITUTIONNELLE COMPLEXE

e la situation transfrontalière de la Métropole lilloise ainsi que de la complexité de son développement urbain, résultent une structure institutionnelle très fragmentée et très diverse.
Outre les différences linguistiques et culturelles et la diversité des contextes législatifs en France et en Belgique, de notables différences de compétence existent entre les différentes institutions.
Etat, Région, Département, Communes en France ne se répartissent pas les compétences institutionnelles de la même manière que Etat (fédéral), Régions, Communautés, Provinces, Communes en Belgique.
Il en est de même des structures de coopération intercommunales. Lille Métropole Communauté Urbaine, principal groupement de communes de la Métropole, comprend 87 communes et ses attributions sont très larges : urbanisme, eau, voirie, assainissement, traitement des résidus urbains, transports urbains etc. Elles n'englobent cependant pas la culture qui reste de compétence communale mais aussi - pour une part non négligeable nationale, régionale et même départementale.
Les structures intercommunales belges, quant à elles, ont des compétences beaucoup plus limitées et ne regroupent qu'un nombre plus restreint de communes. Cependant quelques expériences y ont vu le jour en matière culturelles avec notamment Overleg Cultuur Kortrijk. Pour l'essentiel cependant les compétences culturelles restent ici aussi du domaine communal avec une action importante des Communautés (flamande d'une part, française de Belgique d'autre part) et la participation des Provinces.
Les dynamiques de coopération transfrontalières ont été longtemps contraintes par cet état de fait. La réalité transfrontalière de la Métropole se cantonnait au vécu des habitants - le plus souvent d'un nombre limité de ceux-ci - et aux échanges économiques. La seule exception notable en matière culturelle concerne le partenariat initié entre les villes de Tournai et Villeneuve d'Ascq, au travers principalement de la coopération entre la Maison de la Culture et la Rose des vents.

es réalisations communes d'équipements, de services etc restent de fait très limitées. La Métropole souffre ainsi d'un retard certain par rapport à des agglomérations de taille comparable en matière, par exemple, de contournement autoroutier.

UNE DYNAMIQUE MÉTROPOLITAINE EN ÉMERGENCE

Cependant cette dynamique de coopération s'est considérablement renforcée ces dernières années, allant de pair avec l'émergence d'un sentiment métropolitain. Elle s'est traduite institutionnellement par la création de la Conférence Permanente Intercommunale Transfrontalière (COPIT) qui rassemble quatre intercommunales belges ( Leiedal, IDETA, WIER et IEG ) et Lille Métropole Communauté Urbaine.
D'autres créations ont accompagné ou contribué au développement de ce sentiment métropolitain. EURO 6 regroupe les quatre chambres de commerce belges et les deux chambres de commerce et d'industrie françaises. Un "comité Grand Lille", structure informelle a été créé, qui regroupe les principaux décideurs, notamment économiques, de la métropole.

'ensemble de ces initiatives ont permis une évolution très notable des mentalités. Des grands projets urbains ont ainsi pu voir le jour tel EURALILLE, important centre tertiaire lié à la nouvelle gare TGV, ou l'Eurotéléport de Roubaix.
De plus cette dynamique métropolitaine s'est traduite par le soutien massif à la candidature de Lille à l'organisation des Jeux Olympiques de 2004. Le projet "Lille capitale européenne de la Culture" pourrait être une autre occasion de témoigner de la réalité de cette dynamique métropolitaine.