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5.5.
FACILITER LES DÉPLACEMENTS
DES HOMMES ET DES MARCHANDISES
Le
cinquième principe du parti d’aménagement
concerne la politique métropolitaine de déplacements
et la localisation des grandes infrastructures de transport.
L’organisation
spatiale des activités humaines interfère
sur les modes de déplacements, tout autant que
la constitution des différents réseaux de
transport influe sur l’urbanisation. On ne peut
ainsi concevoir la politique métropolitaine de
déplacements qu’en lien étroit avec
la politique de renouvellement et de développement
urbain.
Trois
principes de base président à cette recherche
de cohérence. Ils s’appliquent à la
fois aux déplacements de personnes et aux déplacements
des marchandises :
• le transport est un droit pour tous et chacun
a la liberté d’en choisir les moyens, dans
la limite des coûts à supporter par la collectivité
;
• la maîtrise des flux de déplacements
est nécessaire. Elle passe par des choix cohérents
en matière d’urbanisme et d’aménagement
;
• la politique des transports doit être globale
et intégrer tous les modes en tenant compte des
spécificités de chacun d’entre eux
et, chaque fois que possible, en les mettant en liaison.
Ces
principes de base imposent la définition et la
mise en œuvre d’une politique de déplacements
s’appuyant sur les réseaux existants et privilégiant
pour l’avenir une approche complémentaire
des différents modes de transport.
Le
schéma directeur retient les options suivantes, en
pleine cohérence avec les orientations du Plan de
déplacements urbains de la Communauté urbaine
de Lille, adopté en 2000, avec les principes du schéma
directeur transfrontalier en cours d’élaboration
et avec les autres options du parti d’aménagement
:
• le développement urbain s’articulera
autour des principales infrastructures métropolitaines
existantes. La priorité est donnée aux espaces
desservis par les axes lourds de transport collectif: les
deux lignes de métro et le tramway en zone urbaine
dense, le fer en seconde couronne;
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• les transports urbains seront améliorés
et les réseaux étendus en utilisant différentes
solutions techniques existantes, selon les espaces, les
densités et le niveau de la demande. Le réseau
de surface relayera et alimentera les réseaux lourds
en maillant efficacement le territoire ;
• une attention particulière sera portée
à la définition des projets pour faciliter
et conforter les modes de déplacements de proximité
: la marche à pied et les 2 roues ;
• la desserte routière de la métropole
doit être améliorée prioritairement
à partir du réseau existant. Son extension
doit être envisagée dans le cadre du désenclavement
de certains secteurs, du traitement des problèmes
du transit et de complémentarité de fonctionnement
des versants français et belge de la métropole
transfrontalière;
• les projets inscrits au schéma autoroutier
2015 seront engagés dans le cadre de la politique
métropolitaine de déplacements, complémentairement
aux autres modes de déplacement des personnes (fer,
transports urbains) et des marchandises (ferroutage, voie
fluviale) ;
• un développement concerté et évolutif
des différents réseaux, sera recherché
afin d’en améliorer la complémentarité
et non d’en exacerber la concurrence ;
• le maintien et l’amélioration du
cadre de vie et de la qualité urbaine de la métropole,
le respect de notre environnement sont des éléments
à part entière dans la définition
de la politique métropolitaine de déplacements
; ils impliquent la prise en compte du protocole de Kyoto,
signé par la France, sur la réduction des
gaz à effet de serre ;
• une veille attentive doit être menée
sur l’évolution des déplacements et
les nouveaux modes.
Ces
options se déclinent notamment par les actions
listées ci-dessous.
5.5.1.
DONNER LA PRIORITÉ AUX
TRANSPORTS EN COMMUN
Dans
l’esprit de la loi sur l’air et de l’utilisation
rationnelle de l’énergie, la priorité
sera donnée
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aux transports en commun, notamment en ce qui concerne
les axes lourds déjà existants (fer, métro,
tramway). L’objectif est de doubler la fréquentation
des transports en commun à l’horizon 2015,
sur la base des principes suivants :
• renforcement des liens entre les grands pôles
urbains composant les axes urbains majeurs (Lille, Roubaix
- Tourcoing, Villeneuve d’Ascq), en valorisant les
points d’échanges (stations de métro,
gares, parcs relais, etc.) comme zones de développement
ou de restructuration du tissu urbain ;
• desserte, par les moyens les plus appropriés
des sites stratégiques, des points d’appui
urbains, des grands équipements publics et des
principaux sites de récréation et de loisirs
;
• élargissement du réseau à
l’ensemble de l’arrondissement pour assurer
la cohésion d’une trame urbaine éclatée
et la réorganiser autour des principales gares
ferroviaires appelées à devenir des nœuds
intermodaux qui desservent les territoires avoisinants.
Le
schéma ferroviaire régional assurera l’accessibilité
à la métropole et la desserte interne en
s’appuyant sur l’important réseau de
gares de l’arrondissement. Un important travail
de valorisation des infrastructures ferroviaires sera
engagé par la Région et la SNCF, en collaboration
avec les collectivités locales, afin d’optimiser
les qualités de services et de desserte cadencée.
Les
axes lourds existants doivent être valorisés
(métro et tramway). Des axes nouveaux ou des extensions
pourront les compléter selon différentes
solutions techniques adaptées aux espaces et aux
densités rencontrés (notamment tram-train),
dont la réutilisation des lignes ferroviaires désaffectées.
Le réseau de bus complétera ce maillage
dans les conditions décrites pages 142 à
144.
Ce
dispositif visera à assurer la continuité
de la chaîne de déplacements, participant
ainsi au rééquilibrage du partage modal
sur l’arrondissement.
5.5.2.
ÉVITER L’ENGORGEMENT,
COMPLÉTER LE RÉSEAU ROUTIER
Le
schéma autoroutier sera valorisé prioritairement
à partir des infrastructures existantes, par leur
achèvement,
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leur élargissement ou la réalisation d’échangeurs
et la mise en place de systèmes de gestion et de
régulation de trafic. L’implantation des échangeurs
devra se faire après une évaluation précise
des impacts, positifs et négatifs, sur les déplacements
ainsi que sur l’environnement à proximité.
À
ce titre, on retiendra notamment :
• l’achèvement de la voie rapide urbaine
au niveau de Roubaix - Wattrelos ;
• l’itinéraire RN41-RN47 à 2x2
voies ;
• la mise à 2x3 voies de l’autoroute
A25 ;
• la mise à 2x2 voies de l’antenne
sud de Roubaix ;
• les nouveaux échangeurs de Templeuve -Genech
sur A23, de la Haute-Borne et de Baisieux sur A27, de
Loos et d’Erquinghem-Lys -Armentières sur
A25.
Une
option fondamentale du projet à long terme consiste
à créer un dispositif de contournement de
l’agglomération par deux itinéraires
franco-belges.
Ces
itinéraires remplissent un rôle essentiel
d’écoulement du trafic de transit qui traverse
actuellement l’agglomération en accentuant
largement aux heures de pointe la saturation du réseau.
Ils peuvent notamment assurer une meilleure fluidité
sur les axes nord-sud grâce à :
• la continuité d’un premier axe autoroutier
international sud-nord par un itinéraire A1-A27-A17
(Belge)-A14(Belge) ;
• la continuité d’un second axe sud-nord
en mettant en relation l’A16 et le réseau
belge via les RN47 et 41 - et à terme - l’A24,
l’A25, et la N58 belge.
Ces
itinéraires, qui mettent en relation sept autoroutes,
jouent des rôles différents dans la structuration
de l’espace selon les secteurs géographiques
qu’ils traversent :
• pour le secteur sud-est, le contournement sud-est
structure entre l’A1 et l’A27 un espace à
vocation prioritairement économique, avec l’aéroport,
le CRT, et le projet de zone d’activités d’Avelin
- Seclin ;
• pour le secteur est et nord-est, l’itinéraire
de contournement constitue un nouveau vecteur de développement
pour les sites stratégiques de la Haute-Borne et
de la future zone d’activités de Baisieux -
Camphin en Pévèle.
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Il renforce également l’accessibilité
à Roubaix-est et à l’Eurozone ;
• pour la vallée de la Lys, la définition
d’un contournement par l’ouest de l’agglomération
empruntant la RN58 belge permet l’innervation de
l’axe urbain transfrontalier et s’articule
avec la rocade de la Lys ;
• pour le secteur sud-ouest, l’itinéraire
ouest est porteur d’un potentiel évident
de développement autour de la RN41 et de la RN47
;
• pour les zones transfrontalières que les
contournements desservent, la mise en relation des territoires
français et belge est facilitée conformément
à l’esprit du parti d’aménagement
à cette échelle.
La
structuration de l’espace par des infrastructures
routières majeures s’inscrit en complémentarité
avec le projet de ville renouvelée et non en opposition.
À ce titre, le phasage sur le long terme des infrastructures,
et donc l’ouverture progressive des sites desservis,
permettra la cœxistence des deux principes de développement
urbain : la restructuration de zones urbaines existantes
et un ensemble d’extensions maîtrisées.
Les
autres éléments du réseau routier
viennent compléter le parti d’aménagement
général sur la base des orientations précédemment
exposées :
• renforcement des axes urbains majeurs pour permettre
"d’épaissir" l’espace aggloméré
central avec l’affirmation d’une liaison entre
l’A19 et l’A17 pour mieux structurer l’axe
nord-est, de Halluin à Wattrelos ;
• amélioration du maillage entre les points
d’appui : aménagement de la RN41, de la liaison
entre l’agglomération et la vallée
de la Lys, rocade de la Lys, rocade de la Pévèle,
échangeurs de Baisieux - Cysoing (A27), de Templeuve
- Genech (A23), d’Armentières - Erquinghem-Lys
(A25) ;
• achèvement de «l’antenne sud»,
vitale pour le désenclavement de la zone nord-est
de l’agglomération, en la reliant au réseau
autoroutier national et international. Une attention particulière
sera portée à sa réalisation en raison
de son caractère urbain. Elle sera complétée
par la liaison Leers - Templeuve (Belgique), la route
de la Marque, et une liaison Toufflers-A27 (au niveau
de l’échangeur de Baisieux) ;
• restructuration et réorganisation des zones
de croissance urbaine de la première couronne lilloise
à partir du boulevard urbain lillois ;
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• amélioration des déplacements au
sud-ouest de Lille :
- la desserte du secteur Eurasanté sera améliorée
par des liaisons renforçant le maillage du réseau
routier à partir de l’A25 (échangeur
de Loos) et de la porte de Béthune vers la RD48
et la RD207.
- l’échangeur prévu sur l’A1,
au niveau de Templemars, avec un branchement sur la RD
952, permettra une meilleure desserte des zones d’activités
du secteur.
• l’autoroute A24 (ex-A1bis), qui répond
au schéma de services collectifs de l’État
pour le transport des voyageurs, a une fonction de transit;
elle ne présente pas d’intérêt
dans l’organisation spatiale métropolitaine,
pour la fonction de desserte. Sa réalisation devra
tenir compte du réseau routier proposé au
schéma directeur de l’arrondissement de Lille
et des alternatives d’itinéraires offertes
par des infrastructures existantes ou en projet. Cette
analyse, menée conjointement avec les partenaires
belges, devra faire l’objet d’une étude
précise des fonctions du réseau, dans un
contexte élargi à l’Eurorégion.
5.5.3.
RENFORCER L’INTERMODALITÉ POUR
LE TRANSPORT DE MARCHANDISES
La
volonté de faciliter les transports de marchandises
dans l’arrondissement de Lille se traduit par une
option fondamentale du schéma directeur : l’intermodalité.
Cette option doit être concrétisée
par un double objectif :
• utiliser au maximum les modes alternatifs à
la route pour faire passer le trafic de transit à
longue distance (supérieur à 500 km) ;
• assurer une meilleure desserte en marchandises
de la métropole par une liaison en réseau
entre les plateformes multimodales et les différentes
villes de l’arrondissement.
Pour
atteindre le premier objectif, le schéma directeur
affirme une volonté politique forte de voir se
réaliser deux projets majeurs sur l’axe nord
- sud:
• l’autoroute ferroviaire Lille Paris Lyon,
dont le tracé devra être déterminé
en utilisant le plus possible la proximité avec
des autoroutes existantes ;
• le canal Seine Nord qui pour être efficace
devra être mis en liaison avec le littoral et le
sud du département par voies d’eau optimisées.
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Ces deux projets nécessitent une volonté
gouvernementale mais apparaissent à long terme
comme incontournables pour offrir une véritable
alternative intermodale.
Le
projet fondamental actuel consiste à développer
la plateforme européenne multimodale "Delta
3" de Dourges en cours de réalisation au sud
de l’arrondissement, en position charnière
avec l’ancien Bassin minier du Nord - Pas de Calais.
Cette plateforme doit devenir le cœur du réseau
des plateformes de niveau régional ; elle a pour
objectif, hormis sa logique économique, de sortir
de l’agglomération lilloise une part du trafic
des marchandises à longue distance, donc du trafic
routier, pour le capter sur un site plus accessible.
Un
système de relais par rapport aux sites logistiques
existants (CIT de Roncq, plateforme de Lomme, CRT, port
de Lille) doit permettre d’optimiser leurs niveaux
de services complémentaires.
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Cette réalisation doit être valorisée
par une approche intermodale du trafic de marchandises
de la métropole s’appuyant sur le réseau
ferroviaire et sur le réseau fluvial en complément
du réseau autoroutier déjà très
dense. Cette approche permettra d’apporter des solutions
durables à la croissance du fret.
En
termes d’organisation de l’espace, il faut
intégrer le développement potentiel de l’usage
de la Basse-Deûle et de la Lys, avec la mise au
gabarit de 3000 tonnes d’une liaison fluviale qui
permettra d’atteindre directement les grands ports
du Bénélux.
Une
grande partie du transport de marchandises de l’agglomération
est liée à son activité économique
propre. Des solutions nouvelles devront donc être
apportées à la diffusion des marchandises
au cœur de l’espace aggloméré.
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SCHÉMA DIRECTEUR ET INTERMODALITÉ
La
métropole lilloise a su se doter de moyens d’échanges
modernes : autoroutes, trains et TGV, métro automatique,
tramway. Ces réseaux de communication en font une
agglomération relativement facile d’accès.
Cependant, la circulation automobile ne cesse de croître
; chaque jour, nous utilisons trois fois plus souvent
une voiture que nous ne le faisions il y a trente ans.
Alors,
pour circuler, pour se garer, la voiture a insensiblement
occupé tout l’espace disponible. Les tramways,
les vélos, les piétons ont progressivement
dû laisser la place à ce symbole de la modernité
et de la liberté qu’est l’automobile.
Dès
lors, ce qui est arrivé dans beaucoup d’autres
villes arrive chez nous : trop d’automobile tue
l’automobile. Les encombrements, les accidents de
la circulation, le bruit du trafic, la pollution de l’air
deviennent de plus en plus insupportables pour les habitants.
Le
schéma directeur affirme la volonté de maîtriser
l’évolution des pratiques de déplacements
sur le territoire de la métropole et ses conséquences
pour les personnes et le cadre de vie. La croissance de
la circulation des automobiles et des poids lourds n’est
pas inéluctable.
Ces objectifs sont ceux du Plan de déplacements
urbains (PDU) adopté en juin 2000 par Lille Métropole
Communauté urbaine.
L’enjeu
n’est pas de chasser la voiture de nos villes, mais
de trouver un juste équilibre entre les besoins
de déplacements, les modes de transport et la protection
de l’environnement. Nous voulons des villes et des
villages agréables à vivre, des villes et
des villages actifs.
Le
schéma directeur – comme le PDU - propose
une politique de gestion de la mobilité guidée
par les principes du développement durable. Il
se fixe comme objectif de réduire les nuisances
des transports sur la santé : la pollution de l’air,
le bruit, les accidents ; d’améliorer le
cadre de vie et la qualité des espaces publics
et de maîtriser l’évolution des pratiques
de déplacements avec des objectifs clairement annoncés
: d’ici 2015 – horizon du schéma directeur
-, l’usage du transport collectif et du vélo
devra avoir doublé.
Une
grande diversité d’actions devront être
mises en œuvre :
•
un partage de la rue plus favorable aux modes de déplacements
alternatifs à la voiture. En effet, le vélo
et la marche à pied sont de véritables moyens
de se déplacer qu’il faut redécouvrir;
• un système de transport public de qualité
au service de l’usager. Une intermodalité
plus facile et des bus plus performants sont les priorités
à court terme. À moyen terme, il nous faut
redécouvrir le train et le rôle qu’il
peut jouer dans la ville ;
• une approche plus transversale de l’urbanisme,
du développement économique et des déplacements.
Il
s’agit d’une action de longue haleine, presque
une révolution culturelle. Sa réussite repose
sur une réelle prise de conscience des enjeux de
la part des habitants, des techniciens, des décideurs
socio-économiques et sur la prolongation du dialogue
engagé à l’occasion de son élaboration.
Les institutions politiques devront aussi davantage coopérer.
La
réussite de cette politique de déplacements
est un élément essentiel du schéma
directeur qui définit la répartition spatiale
des activités humaines sur le territoire métropolitain.
La politique des déplacements organise, sur cet
espace, les mouvements des hommes et des marchandises.
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